À voir-À lire du 15 mai 2019

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La Commune, ce soulèvement en 1871 de la capitale parisienne sans précédent, entre dans son apogée historique. Face au gouvernement réfugié à Versailles, les nouveaux locataires de l’Hôtel de Ville choisissent d’organiser des élections, ne sachant pas que leur sort est alors décidé : l’insurrection ne doit pas continuer...

Qui est donc ce Lavalette, figure communarde qui est un de ces inconnus ? Quel était son rôle, son action au cœur de cette ébullition ? Telle est la mission de Raphaël Meyssan, véritable archiviste déterminé à déterrer des fragments de vie, à travers des coupures de journaux, des rapports de police, des écrits intimes... À l’aide de gravures d’époque, c’est une ville, une atmosphère, une envie qui sont retranscrites dans ces pages, qui veulent donner un canal pour ces voix généralement inaudibles, celle d’un homme engagé, Lavalette, mais aussi Victorine, femme malheureuse mais jamais abattue, essentielle à la portée pathétique et expressive de ce second tome.

C’est dans la forme que réside la plus grande preuve du talent de l’auteur, qui fait revivre des gravures en autant de décors griffés, de personnages en forme d’exemples, de gros titres hachurés... Ce gigantesque collage est un travail d’orfèvre des pages jaunies, de découpeur et de restaurateur d’un passé et d’archives. Fascinant par son dessin caractéristique d’une époque, donc décalé avec notre époque, Les Damnés de la Commune s’impose ainsi comme une fresque à la fois vintage et historique, du début à la fin.

Héroïque dans son ambition, cet ouvrage qui combine Histoire et histoires se jette à corps perdu dans une époque, qui n’est même pas une année, même pas un pays, seulement le rêve d’une ville et la souffrance des âmes.

Baptiste Lépine

 

 

(L’article de Baptiste Lépine sur Les Damnés de la Commune de Raphaël Meyssan sur À voir-À lire)

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