Un entretien dans « Zibeline »

Le mensuel culturel du Sud-Est consacre deux belles pages aux Damnés de la Commune dans son numéro de mai 2018.

Imprimer Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Raphaël Meyssan raconte la Commune en BD

Pour graver enfin la Commune

L’objet est superbe quant à sa forme et sa qualité. Documenté, fascinant... et ce n’est que le tome 1 !

Cette BD réinvente sa forme : Raphaël Meyssan a collecté des gravures et des dessins de 1870 et 1871 pour nous raconter une histoire. Celle de Lavalette, son voisin au 6 rue Lesage à Paris en 1870. Il se lance sur ses pas, le recherche, retrouve sa trace dans les meetings politiques qui agitaient la fin du Second Empire dans tout Paris, et surtout le Paris populaire de Belleville. Le présent surgit parfois comme un autre personnage. On croise aussi l’histoire de Victorine, une inconnue dont le destin avec ses enfants pendant la famine de l’hiver 1870 nous prend aux tripes. Mais l’autre héroïne n’est jamais absente, cette Commune qui prend naissance et dont on suit l’inexorable gestation.

 

 

Rencontre avec l’auteur.

Zibeline : Pourquoi ce livre sur la commune ?

Raphaël Meyssan : La Commune est une histoire qu’on n’apprend pas à l’école ; ce n’est pas une histoire officielle, et quand on la connaît on la porte en nous, on se l’approprie, on la cultive comme un jardin secret.

Pourquoi ne l’apprend-on pas à l’école d’après vous ?

Eh bien c’est une évidence : les Communards ont perdu et juste après il y a une République de l’ordre qui s’est mise en place. Et l’Histoire c’est l’histoire des vainqueurs, et les vainqueurs ne se sont pas trop vantés d’avoir massacré 20 000 citoyens français. Mais c’est une histoire que l’on se transmet dans certaines familles.

Mais du fait de cette transmission privée, ne véhicule-t-on pas des mythes ?

Si, si, plein ! C’est une histoire qui est idéalisée ! Mais j’ai évité ces mythes dans le livre, en travaillant uniquement sur des documents d’époque. C’est pour ça que je ne parle pas beaucoup de Louise Michel, la seule figure que l’on connaît de la Commune. Louise Michel est souvent présentée comme une sainte, c’est la « Vierge Rouge ». Dans le livre, je m’intéresse à des anonymes, des personnages complexes dans leur faiblesse et leur courage, tous ces personnages que j’ai rencontrés dans mes recherches, dans les 15 000 documents que j’ai numérisés.

Tant que ça ? Mais combien de temps cela vous a pris ?

Ce livre, c’est six ans de travail, de recherches, dans les bibliothèques, les archives. J’ai rencontré les éditions Delcourt au bout de cinq ans et demi. Jusque là, c’était un projet autofinancé.

Quelle a été votre plus grande découverte sur la Commune dans vos recherches ?

Les guerres ! Les prétextes des gouvernants pour faire les guerres. La dépêche d’Ems de 1870, c’est un peu l’intox des armes de destructions massives de la guerre en Irak. La paix à tout prix, la capitulation face aux Prussiens avec l’abandon de territoires et de population d’Alsace-Lorraine, l’humiliation qui sera l’étincelle de la Commune ; ça c’est un peu Munich...

Entretien réalisé par Régis Vlachos

Les Damnés de la Commune, tome 1 À la recherche de Lavalette, de Raphaël Meyssan, éditions Delcourt, 145 pages, 23,95 €.

Articles (voir plus)

Revue de presse (voir plus)

« Dernières Nouvelles d’Alsace », 6 mai 2019

Une très belle critique de Serge Hartmann dans le quotidien alsacien.

Le Maitron, 30 septembre 2019

Julien Lucchini nous fait plonger dans le dictionnaire biographique Le Maitron à travers les personnes rencontrées dans le roman graphique Les Damnés de la Commune.

« L’Humanité » du 24 septembre 2019

L’historien Pierre Serna signe une magnifique analyse du deuxième tome des Damnés de la Commune, dans laquelle il étudie tant la forme graphique que la structure narrative et souligne la nouveauté historique apportée par (...)