L’Avis des bulles : « Un exercice de style étonnant »

Une critique de la bande dessinée de Raphaël Meyssan sur la Commune de Paris de 1871, en janvier 2020

2021-09-22T13:41:16Z

« Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons ! »

Troisième et dernier volet de ce roman gravure où l’on continue à suivre les aventures de personnages qui ont marqué l’histoire de France sous les yeux du narrateur prénommé Tardi qui passe du XXIe siècle au XIXe pour comprendre, témoigner et rencontrer les illustres Lavalette, Victorine...
L’épisode débute par la chute de la colonne de Napoléon place Vendôme, symbole pour les communards de la tyrannie et du militarisme de Napoléon. Ils sont à l’assaut des religieux, des avantagés, pour créer un nouvel ordre, une nouvelle justice. Mais les combats reprennent camp contre camp, la commune sera écrasée et en fuyant brûlera derrière elle des lieux symboliques de Paris.

« Libre, j’ai vécu, j’entends mourir de même ! »

C’est une façon originale, ludique et instructive de revenir sur ces faits historiques, ce soulèvement populaire qui dura deux mois et finit dans un bain de sang. On revit grâce à ces gravures d’authentiques complots, scènes de guerre, scène de vie qui rendent presque réel ce roman graphique. C’est un travail colossal de recherche de centaines de gravures d’époque qui sont composées en bande dessinée complétées de sous-titre. Raphaël Meyssan inaugure un exercice de style étonnant voir déconcertant. Ces gravures s’entrechoquent avec des bulles en applique pour raconter les péripéties du narrateur qui vient de notre époque pour enquêter.
L’auteur en a fait un découpage cinématographique : les gravures sont entières ou encore découpées par morceaux et répétées sur une même page pour faire vivre l’histoire et donner la parole quand certaines scènes sont utiles à la narration. Elles peuvent être aussi zoomées, façon cinémascope montrant des détails de dessins poignants. On retrouve également des personnages détourés pour mettre en scène de plus fortes émotions. Nos yeux sont souvent plus accaparés par la mise en
scène et les dessins que par l’histoire et le texte, le résultat reste néanmoins indubitable.

Xavier de la Verrie

Note : Indispensable * * *

Découvrez le premier tome de la trilogie Les Damnés de la Commune de Raphaël Meyssan. Ce roman graphique historique unique, intégralement réalisé à partir de gravures du XIXe siècle, plonge le lecteur dans le Paris insurgé de 1871. À travers une enquête minutieuse sur les traces de Lavalette, un communard disparu, l’auteur redonne vie à Victorine Brocher et aux figures oubliées de la révolution. Un ouvrage de référence mêlant rigueur documentaire et narration visuelle époustouflante.
Publication
Éditeur
Delcourt
ISBN
978-2-4130-0233-8
Pages
144
24,50
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Réalisation : Raphaël Meyssan

Film d’animation documentaire - 1h27
Grâce à un dispositif esthétique extrêmement original qui a séduit le public tout comme la critique, Raphaël Meyssan nous plonge au cœur de la Commune de Paris. Une adaptation virtuose de son roman graphique !
À la fin des années 1860, Paris gronde. Pour détourner la colère sociale, les gouvernants ciblent un ennemi extérieur, la Prusse. Mais le conflit vire au fiasco et, en septembre 1870, la capitale est encerclée. L’Empire s’effondre, un gouvernement provisoire est institué. Les Parisiens, eux, refusent de se rendre et organisent l’élection d’une Commune, proclamée le 28 mars 1871.
Avec les voix de Yolande Moreau et Simon Abkarian, et la participation exceptionnelle de Mathieu Amalric, Fanny Ardant, Charles Berling, Sandrine Bonnaire, André Dussollier, Anouk Grinberg, Arthur H, Félix Moati, François Morel, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz, Jacques Weber.
Scénario de Raphaël Meyssan avec la participation de Marc Herpoux. Musique de Yan Volsy et Pierre Caillet. Une production de Fabienne Servan Schreiber et Sandrine Manciet.
Cinétévé - ARTE France, 2021.
2,99
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