Elle s’appelle Victorine. Cette Parisienne nous raconte son histoire, exaltante, tragique. Nous sommes en 1871, et Victorine s’apprête à prendre part à l’un des événements majeurs du XIXe siècle, la Commune de Paris. Inspiré, entre autres, des mémoires d’une authentique communarde, ce somptueux film d’animation réussit l’exploit de nous immerger dans un récit à la fois épique et intime en n’utilisant que des gravures d’époque.
Raphaël Meyssan adapte magistralement sa bande dessinée (éd. Delcourt, 2017), jouant avec les plans larges, des mouvements de caméra, des plongées dans la matière du dessin, sillons noirs et blancs d’un corps, d’un visage… L’animation proprement dite surgit par petites touches saisissantes : un regard scintille, des corbeaux s’envolent, des balles tracent leur chemin de mort.
Ce grand poème graphique emmené par les voix de Yolande Moreau (mais aussi par celle de Mathieu Amalric, Fanny Ardant, Sandrine Bonnaire, André Dussollier...), retrace aussi avec une implacable précision, une infinie compassion, les événements qui menèrent à la Semaine sanglante, cette répression qui, fin mai 1871, tenta, au prix d’un massacre inouï, d’effacer de l’histoire une révolution et ses idéaux. Plus qu’un documentaire historique ou une expérience esthétique : un grand film humaniste.
Grâce à un dispositif esthétique extrêmement original qui a séduit le public tout comme la critique, Raphaël Meyssan nous plonge au cœur de la Commune de Paris. Une adaptation virtuose de son roman graphique !
À la fin des années 1860, Paris gronde. Pour détourner la colère sociale, les gouvernants ciblent un ennemi extérieur, la Prusse. Mais le conflit vire au fiasco et, en septembre 1870, la capitale est encerclée. L’Empire s’effondre, un gouvernement provisoire est institué. Les Parisiens, eux, refusent de se rendre et organisent l’élection d’une Commune, proclamée le 28 mars 1871.
Un casting vocal de haute volée avec les voix de Yolande Moreau (Victorine) et Simon Abkarian (le narrateur). Et la participation exceptionnelle de François Morel, André Dussollier, Fanny Ardant, Denis Podalydès, Mathieu Amalric, Charles Berling, Sandrine Bonnaire, Anouk Grinberg, Arthur H, Felix Moati, Michel Vuillermoz, Jacques Weber.